Éthique en rééducation

HERNANDEZ Hélène

Université de Provence, Aix Marseille 1, Département des Sciences de l’Éducation, HÔTEL-DIEU , 1, Avenue de Verdun 13410 LAMBESC

Croix Rouge Française, I.F.C.S. - Rééducation, Paris

Mémoire réalisé dans le cadre de la validation pour l’obtention du diplôme de cadre de santé et de la licence en sciences de l’éducation

Directeur de mémoire : M. Philippe Vaur

Année universitaire 1997-1998

Mis en ligne le mardi 9 septembre 2003 à 17h01, par Jean-Philippe Guihard (Date de rédaction antérieure : 8 juillet 1998).

Résumé :

Une formation à l’éthique ne peut se faire en cours magistral avec un professeur détenant un savoir à transmettre. Jean-Claude Filloux fait remarquer que l’expression “éducation à l’éthique” a “l’inconvénient d’impliquer une conception disons fixiste de l’éthique, supposée un corps construit de valeurs”. Nous sommes d’accord avec lui pour une conception “d’une éducation à quelque chose qui n’est pas donné, qu’il faut sans cesse inventer, construire et reconstruire une sensibilisation au fait que le rapport aux interrogations éthiques se vit comme souci, tension, passage du clos à l’ouvert”. C’est pourquoi, il semble nécessaire d’utiliser le temps imparti à l’éthique, par les textes régissant les études des rééducateurs, à une formation ouverte sur l’exercice de la réflexion de l’étudiant avec ses pairs pour identifier ses valeurs propres afin de dépasser un dilemme et opérer un choix qui lui semblera bon et serein. Mais ouverte à d’autres temps comme l’analyse des vécus de stage et des pratiques professionnelles et une sensibilisation dans les divers cours de rééducation à cette réflexion sur le rapport à l’autre différent, malade, handicapé, voire amputé d’une partie de lui-même, souffrant, mais personne de désir comme tout un chacun, et sur la relation avec lui qui doit se construire à deux et non pas s’instruire comme on instruit une affaire.

C’est pourquoi aussi dans les établissements de soins, les rééducateurs doivent pouvoir trouver des moments de réflexion. Les comités d’éthique se proposent d’être des lieux pour cette réflexion. Mais ils ne pourront aider dans le quotidien les professionnels à qui, dans l’urgence, sont confiés le choix et la décision d’actions. Les comités sont les supports d’une réflexion à long terme. Mais dès aujourd’hui, dans les projets de service, les rééducateurs doivent pouvoir échanger et confronter ce qui leur tient à coeur, le sens de leur travail et du rapport à l’autre. Le cadre est le garant de la qualité des prestations mais il est aussi l’un des promoteurs du projet de service dans lequel les valeurs de chacun peuvent se découvrir en se confrontant dans le respect. Et si le projet joue avec la visée, alors demain pourra être éthique.

Ce travail fut une quête, l’expression n’est pas trop forte. Nous avons plongé dans l’histoire mais surtout dans la philosophie pour finalement découvrir les fonds marins de nos valeurs. Nous avons l’ambition à présent de nous hisser vers cet autre, de passer d’une relation à autrui vers une relation avec autrui. Emmanuel Lévinas nous a poursuivi et nous a fait comprendre ce mouvement qui est le seul chemin de la rencontre.

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